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Monday 20th of February 2017
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Le sens et l’origine de "Akhlãq"

 Le mot "Akhlãq" est le pluriel du mot "Khulq", qui signifie "disposition". La "disposition" est cette faculté (Malakah) de l’âme qui constitue la source de toutes les activités que l’homme accomplit spontanément et sans y réfléchir. "Malakah" est une propriété de l’âme, qui vient à l’existence par des exercices et des pratiques répétitifs et qu’il est difficile de détruire.

   Une disposition (Malakah) particulière peut apparaître chez les êtres humains par l’un des facteurs suivants:

1 - Un tempérament naturel et physique: on remarque que certaines personnes sont patientes alors que d’autres sont susceptibles et irritables. Certains individus sont facilement préoccupés et attristés, alors que d’autres font preuve de plus de force morale et de faculté d’adaptation.

2 - L’habitude qui se forme par la répétition continuelle de certains actes et qui mène vers l’émergence d’une certaine disposition.

3 - La pratique et l’effort conscient qui, s’ils se poursuivent assez longtemps, finissent par conduire à la formation d’une disposition.

    Même si l’aptitude physique d’un individu produit certaines dispositions en lui, cela ne signifie pas que l’homme n’a pas le choix en la matière et qu’il est absolument contraint de se soumettre aux exigences de son tempérament naturel. Au contraire, puisque l’homme a le pouvoir de choisir, il peut vaincre les exigences de sa nature physique par la pratique et l’exercice, et acquérir la disposition de son choix.
Bien sûr, on doit admettre que les dispositions engendrées par les facultés mentales, telles que l’intelligence, la mémoire, l’agilité mentale, etc. ne sont pas altérables. Mais toutes les autres dispositions peuvent être changées selon la volonté de l’homme. L’homme peut contrôler ses désirs, sa colère et ses autres émotions, et les modeler pour s’édifier et se propulser dans le chemin de la Perfection et de la Sagesse.

   Lorsque nous parlons de la capacité de l’homme à opérer un changement dans ses dispositions, nous n’entendons pas qu’il devrait détruire ses instincts de reproduction ou de conservation. Sans ces instincts, l’homme n’aurait pas pu exister. Ce que nous voulons dire en soulignant cette capacité, c’est que l’homme doit éviter d’aller vers l’un ou l’autre extrême les concernant, et qu’il faut maintenir une condition d’équilibre et de modération afin que ces instincts puissent remplir leurs fonctions convenablement. De même que le noyau d’une datte pousse pour devenir un arbre fruitier, grâce à des soins appropriés, ou qu’un cheval sauvage est dressé pour servir son maître, ou un chien pour devenir l’ami durable et le secours d’un homme, de même l’homme peut atteindre la Perfection et la Sagesse grâce à une auto-discipline et à une persévérance intelligentes.

   La perfection humaine a plusieurs niveaux: plus grands sont l’auto-discipline et l’effort, plus haut est le niveau de perfection que l’homme pourra atteindre. En d’autres termes, l’homme est entre deux points extrêmes, le plus bas des deux est en-dessous du niveau des animaux, et le plus haut dépasse même le haut niveau des Anges. Le mouvement humain entre ces deux extrêmes est traité par cilm Al-Akhlãq", c’est-à-dire par la science de l’Ethique. C’est le rôle de l’Ethique d’élever l’homme et de l’amener du plus bas état de l’animal vers une position exaltée et supérieure à celle des Anges.
L’importance de l’Ethique est donc établie. Et c’est pour les raisons mentionnées ci-dessus que l’Ethique est considérée comme la plus exaltée et la plus appréciable des sciences, puisque le mérite de toute science est directement lié au mérite du sujet qu’elle concerne, et puisque le sujet de la science de l’Ethique est l’homme et le moyen par lequel il pourrait atteindre à la Perfection. En outre, nous savons que l’homme est la plus noble des créatures et que le but final de son existence est d’atteindre la Perfection; c’est pourquoi il s’ensuit que l’Ethique est la plus noble des sciences.

   En fait, dans le passé, les philosophes ne considéraient aucun des autres domaines de l’apprentissage comme étant une science vraiment indépendante. Ils croyaient que sans la science de l’Ethique et la Purification spirituelle, la connaissance approfondie de toute autre science est non seulement dénuée de toute valeur, mais conduirait en réalité à l’obstruction de la perspicacité et à la destruction ultime de ceux qui la poursuivent. C’est pour cela qu’il a été dit que:

- "La connaissance est le voile le plus épais"

et il s’agit de la connaissance qui empêche l’homme de voir la nature réelle des choses.

Source: Al-Narãqî. Mohammad Mahdi ibn Abî Tharr, L’éthique musulmane, Traduit de l’anglais et édité par Abbas AHMAD Al-Bostani, Éd. La Cité du Savoir, Canada.

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