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Wednesday 22nd of November 2017
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PARTIEI: APPEL DU SUD

PARTIEI: APPEL DU SUD
CHAPITRE I: MORT ET RENAISSANCE
Maghrébine malgré moi, je suis née en Kabylie d'une mère algérienne berbère et d'un père marocain originaire du Rif donc berbère aussi mais dont l'arrière grand père fut si l'on croit son arbre généalogique, d'origine alaouite c'est a dire descendant du Prophète de l'Islam par sa fille Fatima bénie par Allah et vénérée par les musulmans.

Mon père qui apprenait à mon frère et à moi-même le Coran et l'arabe classique, ne parlait le plus souvent que berbère avec ma mère et ses amis de Tizi-Ouzou au du Rif marocain dont il connaissait parfaitement les dialectes. Ma mère qui aimait bien son mari marocain ne manquait pas de le signaler avec fierté à ses voisines qui n'avaient pas toutes la chance de rencontrer comme elle, un époux compréhensif et facile de caractère.

L'attachement et l'affection que ressentait ma mère à l'égard de papa étaient sincères et si solides que son frère Abid, mon oncle matemel - un Harki vivant à Paris ne réussit jamais à la convaincre de "lâcher le marceau marocain" et de le rejoindre à la ville des lumières. Plus tard, ma mère me dira que les couples ancien modèle sont malgré les difficultés de la vie quotidienne et la précarité de la condition de la femme algérienne, plus sondes et résistent fort bien aux attraits de la matière et de la vie facile qui procurent aux couples modemes plus de fastes et de plaisirs mais les rendent aussi plus vulnérables et peu vaccines contre les épreuves voire les surprises bonnes ou mauvaises de la vie modeme.

Malheureusement pour ma mère et pour son foyer uni et heureux, ce que la fascination d'une grande ville comme Paris et la générosité d'un frère prêt à l'y accueillir n'arrivaient pas à faire, l'ancien président algérien et son gouvemement arabo-rnusulmano- -laiquo-socialiste le fit en un jour, en pleine période de fête et de retrouvailles familiales au amicales: "Tous les ressortissants marocains ou d'origine marocaine doivent quitter le territoire algérien sans leurs proches parents ni leurs conjoints algériens ni leurs objets de valeurs". Telles furent la décision et la manière dont le Colonel Houari Boumediane voulut punir l'Etat marocain dont la politique au Sahara occidental et l'alignement sur l'Occident contrariaient les intérêts de l'Algérie socialiste.

Mon père fut donc arraché brutalement à sa femme et reconduit manu militari à la frontière où l'image du grand nombre des marocains qu'il a vus malmenés et expulsés comme lui de leurs demeures et de leurs familles ne le quitterait probablement jamais.

Pauvre papa! Même le temps d'embrasser ses enfants, mon frère et moi, ne lui fut pas accordé par les autorités aveugles et inhumaines de mon pays. Ce jour là, nous étions pour l'Aïd, fête du sacrifice, chez notre grand-mère matemelle à Alger. A dire vrai, depuis cet événement malheureux et jusqu'à nos jours, je n'arrive pas à démêler en moi-même deux sentiments contradictoires l'un de gratitude envers le Destin qui m'avait épargné d'assister au déchirement de ma famille et aux brutalités qui l'avaient accompagné et l'autre de chagrin terrible et de regret que j'éprouve toujours amèrement du fait que je n'ai pas pu vu mon père en ce jour là Plus tard, rongé par la solitude, l'attente interminable de nous revoir et la révolte intérieure qu'il ne pouvait ni exprimer ouvertement ni contenir indéfiniment, mon père fonça vers l'inconnu et fut assassiné par les gardes frontière algériens lors d'une tentative desesperée de franchir clandestinement le "rideau de fer rnaghrebin" qui le séparait de ses bien-aimés.

Malgré la disparition de mon père et la dislocation de notre petite famille, rna mère qui vit toujours avec mon frère en Kabylie, continuera de s'opposer à l'idée de me rejoindre à Paris où, grace à mon oncle, j'ai pu poursuivre mes etudes et obtenir une licence en sociologie.

Ma mère ne voulait pas non plus se remarier comme si l'acte de mariage qu'elle avait contracté avec mon père embrassait au-delà de leur vie terrestre, l'éternité promise à ceux qui croient en le Paradis coranique où les époux fidèle et pieux se rencontreront pour une nouvelle vie sans fin.

Ma mère que mon frère aida financièrement à effectue son pèlerinage à la Mecque en est revenue transformer, moins joviale peut-etre mais plus sereine et plus soucieuse de préparer "sa nouvelle naissance après que sa vie sur terre se sera éteinte, Aussi mon étonnement fut-il très grand lorsqu'elle ne s'opposa pas à mon projet de me marier ave un Français musulman qui, par respect, ne voulut m'accompagner en Algerie que si ma famille voulait bien l'accepter. Les seuls conseils que ma mère se permit de me donner (en langue bérbère) furent les suivants:

- Pour te marier, apprends à penser à tes devoirs envers ton mari plutot qu'à tes droits mais si un jour tu devais choisir entre l'amour ou la passion que te porte ton mari et le respect qu'il te doit, contente-toi de ce dernier qui continue toujours à cimenter la vie d'un couple quand les beaux sentiments de la première année de mariage s'estompent ou s'évaporent.

- Meme si tu l'aimes, éperdument, ne te marie avec lui que s'il croit sincèrement en Allah, en le Prophète de l'Islam et en le Saint Coran. Il ne faut pas qu'à cause de toi, la baraka de la foi islamique que tes ancetres t'ont transmise arrete de couler dans les ames de tes descendants. Tout passe, ma fille, excepté la foi! Si tu la sacrifies à d'autres considerations, c'est toute ta vie présente et future que tu sacrifies" me dit-elle d'un ton presque grave. Et comme si elle sentait que j'attendais de sa part une autre vérité qu'elle aimait souvent répéter, elle enchaîna: "sans la foi bien mûrie de ton père-qu'il soit comblé de misericorde par Allah et le respect illimité que je lui vouais, on n'aurait pu tenir le coup jusqu'au bout."

A vrai dire, les propos de ma mère n'auraient pu signifier quelque chose pour moi si je n'avais moi-meme vécu l'experience de la recherche douloureuse de la verité au milieu des diverscs illusions - j'allais ecrire trappesque m'avait tendues la vie tumultueuse et troublée que je menais tour à tour dans les societés algérienne et francaise.

J'ai toujours cru que nulle verité ne saurait etre retenue qu'à travers l'apprehension intime de l'esprit au contact de la pensée et de la matière. En effet, nulle acquisition intellectuelle au spirituelle ne peut resister à l'assaut de l'oubli et de la négligence si elle n'a été le fruit d'un effort de recherche consciemment realisé et intimement soutenu par les facultés les plus profondes de l'ame humaine.

La première satation - sens obligatoire - de cet effort de la conscience en quète de certitude et de fixation est l'apprehension continue de la contradiction des idées et de valeurs qui se présentent sans cesse à l'esprit humair confronté aux differentes realités psychologiques et sociale qui le secouent et le sollicitent de tous les cotés. Si une personne n'appartient à une religion que par naissance ou par habitude au imitation des parents, dès qu'elle change de milieu socio-culturel au que des évenements decisif bousculent ses quelques réferénces spirituelles, elle s'en impregne et, petit à petit, embrasse le nouveau mode de vie ambiant et les nouveaux clichés de l'ideologie dominante.

En ce qui me conceme, dès l'age de vingt ans, secouée par les incoherences de l'Islam arabo-berbère (sunnite) je m'etais mise à refuser par le coeur et par l'esprit de me considerer comme musulmane bien que dans les registres de l'administration - algeriénne au française - je fisse partie de la rnajorité musulmane de mon pays et bien que je fusse obligée de me conformer aux habitudes farniliales et sociales du milieu dans lequel j'avais vu le jour et passé mon enfance.

Mais en revanche, je ne m'etais engouffrée dans aucun autre dogme basé au non sur une quelconque revelation. Je savais dejà que tout club au parti cherchait plus d'adhèrents pour plus d'exploitation éconornique, politique ou autre et moi je cherchais le parti désinteressé que je pourrais exploiter pour obtenir un bonheur personnel et un véritable accornplissement spirituel. Dejà à cette époque, mon père regretté disait tristement: "Le Coran parle du parti de Dieu et partout tu ne vois que des partis de Satan".

Malheureusement pour moi, meme mon cher papa montrait parfois des contradictions deconcertantes: Un jour, il a pleuré Sayid Qotb condamné à mort par Gamal Abdel Nasser de l'Egypte; le lendemain, celui-ci fut applaudi par mon père et ses amis qui regardaient à la télevision l'un de ses exploits médiatisés à outrance. Néanrnoins, si la certitude nationaliste ou religieuse qu'affichait mon entourage et que je voyais partout etranglée par les contradictions rn'avait deboussolée et deroutée, le doute en tous les autres dogmes et systèmes que je connaissais m'a sauvée.

En fait, je me suis toujours mefiée des communistes, des laicistes et des chretiens qui reprochaient à l'Algerie musulmane de continuer à s'accrocher à sa religion responsable selon eux de toux ses maux actuels alors meme que la plupart d'entre eux sont endoctrinés et enrobés de leur systeme culturel herité ou pris à l'aveuglette ou au service d'un interet economique ou politique mesquin mais erigé par eux en verité absolue.

Comme nous le verrons plus tard avec plus de details, notre ère se caracterise par "l'integrisme des laics" qui est d'autant plus dangereux qu'ils se sentent partout menaces sinon dans leur existence du mains dans leurs privileges, par le reveil et Ie renouveau des anciens dogmes reveles. Pour continuer a gagner du terrain et consolider ses positions, la plus grande ruse du laicisme est de faire croire aux nails qu'il ne rime pas avec integrisme, qu'il est le seul rempart contre l'obscurantisme des religions alors meme que les manifestations de son absolutisme et de la systematisation de ses imperatifs ideologiques et moraux s'installent a l'echelle mondiale et recusent toute concurrence susceptible de remettre en cause Ie pouvoir actuel de "l'Eglise arhee et laique.".

Cet etat d'esprit chez les adeptes de la laicite modeme est, nearnrnoins, revelateur d'une grande idee fcconde "l'etre humain s'accroche toujours a une verite quelque erronee qu'elle soit meme lorsqu'il s'oppose aux verites des dogmes. L'csprit de l'homme a horreur du vide et de l'oubl total. Quand il oublie une divinite sacree ou fabriquee OL qu'il la renic, il le fait pour se vouer au culte d'un autre sacre ou d'un autre statut qui lui est plus cher et peut-etre comprehensible.

En ce qui me conceme, la question de savoir si ur Createur de l'univers existe reellement ne se pose pas. C'esi une verite tellement evidente qu'il serait stupide d'er douter en ayant presentes toutes ses facultes mentales. II est juste de dire avec la mystique musulmane que c'est l'existcnce d'Allah qui prouve celle de l'Univers et nor l'inverse, La science, en affirrnant que la cause precede l'effet, souligne cette verite logique elementaire. De meme comme il est irreel de penser que la terre pourrait continuer a vivre sans Ie soleil qui la domine et la nourrit, iI est insense de penser un seul instant que la vie des etres crees (excepte Lui, tout est cree) pourrait se maintenir sans 12 volonte de leur Createur.

Je ne vais pas m'etendre sur les arguments bien connus des theologiens et des philosophes en faveur de la croyance en Dieu. J'aimerais simplement dire comment, moi, j'ai sais: son message et comment je l'ai rencontre, A l'universite, j'avais beau vouloir me conformer a lz mode de la negation des revelations divines, qui s'esi ernparee de la jeunesse avide du concret ct de l'immediat, jc n'ai jamais pu me faire a l'idee qu'une belle oeuvre notamment ceIle de la vie humainc, pouvait voir le jour sam conception et volonte creatrices prealables. Mais, si j'etais croyante, purquoi alors, pour une bonne periode de rna vie, ne voulais-je pratiquer aucun culte meme celui que mes parents ne cessaient de m'inculquer et que je faisais semblant de respecter?

Je me rends compte aujourd'hui que c'etait pour moi un grand dommage et une perte reelle de vie et de bonheur de n'avoir pas pratique serieusement Ie jeune, la priere et meme Ie pelerinage! Toutefois, ce qui me soulage un peu, c'ext que je rl'etais pas la seule responsable! Tous les Arabes et les Berberes d'aujourd'hui et d'hier sont res pons ables de cet egarement existentiel et spirituel dans lequel continuent de sombrer des millions de jeunes dans Ie monde musulman. Je m'explique: les contradictions flagrantes dans les ecrits anciens et nouveaux d'une part et le vecu des Arabes et des Berberes d'aujourd'hui d'autre part, empechant les jeunes intellectuels - presumes sinceres dans leur recherche de la verite - et tous les esprits raisonnables et ouverts de s'engager serieusement et a fond dans la pratique du culte islamique ou dans un mouvement musulman general, coherent et porteur de paix interieure et d'espoir social et universel.

Ayant fait un bon nombre d'etudes sociologiques en Algerie et en France, comme etudiante puis comme assistante sociale, je me suis rendue compte que nos societes arabes et berberes en Afrique du Nord et a L'Etranger, ont echoue dans la recherche et l'entreprise des solutions adequates a leurs problemes. Etant profondement croyante mais assez lucide pour voir clair devant moi, j'ai cornpris alors que les musulmans dans leur majorite avaient rate des Ie depart Ie chemin de la reussite, de la paix et de la victoire. Que celui qui en doute promene un peu son regard sur la carte geographique ou politique du monde arabo-musulman. A part l'Iran qui va lentement rnai: fermement et dignement vers la prosperite, la paix et If rayonnement universel, on ne voit au niveau des entites musulmanes, que crises apres crises, debouch ant toutes SUI la misere, la honte et Ie sous-developpement general . Kurdes dechires et persecutes, Berberes museles et brimes Turcs laicises et divises, Arabes videment orgueilleux ei minables, Africains enchaines par Ie nouvel esclavage planetaire ...

Ce qui me fait souffrir aujourd'hui, c'est que je suis convaincue que tant que cette "grande nation egaree" ne veut pas reexaminer ses choix ideologiques au double niveau individuel et communautaire, elle ne vena pas le bout du tunnel. Cela n'a rien a voir avec le pessirnisme. La realite arabo-berbere - citee 3 titre d'exemple - et les ecritures saintes etemelles sonnent l'alarme 3 qui veut bien les ecouter avec serieux et lucidite. Comme il sera explique plus tard, la seule issue honorable pour le monde musulman est 1 'Islam chiite. *

Malgre leurs crises aigues et chroniques, les Arabes, les Kurdes, les Turcs, les Berbercs et les autres peuples musulmans "sunnites" malgre eux, pourront trouver, 3 court terme, ici et 13 des refuges provisoires, quelques reconforts passagers et meme un certain progres materiel sous l'egide de l'Occident, rnais 3 long terme, au jugement futur de l'Histoire, ne lcs attendront que lc deshonncur et L'humiliation tot ale dont les evenements politiques et militaires de cette fin du XXe siecle donnent deja les signes precurseurs. A moins que les intellectuels "musulmans" largement laicises et deracines, que les elites locales qui cornmandent, aux destinees des peuples desherites et exploites, ne se repentent et ne redecouvrent le message liberateur et pacificateur de l'Islam originel, la catastrophe promise par le Coran aux uns et aux autres serait effrayante et sans precedent.

Avant de montrer le bien-fonde de mon choix spirituel et existentiel, je me dois de presenter le criterium que je me suis fixe en amant de mes recherches dans les milieux musulmans frequentes.

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